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Le poids invisible de l’adaptation : quand la peur du rejet devient épuisante


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Le coût invisible de l'adaptation permanente


À l'occasion du Mois des Fiertés, de nombreuses personnes témoignent de ce que représente le fait de pouvoir être soi-même, librement, sans peur du jugement ou du rejet.

Si cette réalité concerne particulièrement les personnes LGBTQIA+, elle fait écho à une expérience beaucoup plus universelle.

Car nous sommes nombreux, à différents moments de notre vie, à avoir caché une partie de nous-mêmes.

Une souffrance psychique.

Un trouble alimentaire.

Une addiction. Une dépression.

Une hypersensibilité.

Des difficultés familiales ou professionnelles.

Parfois pour se protéger. Parfois pour être accepté. Parfois simplement parce que l'on ne se sent pas en sécurité pour montrer ce que l'on vit réellement.

Mais cette adaptation permanente a un coût.



Le système nerveux a besoin de sécurité


Notre système nerveux est en permanence à l'écoute de notre environnement.

Sans même que nous en ayons conscience, il évalue continuellement si nous sommes en sécurité ou non.

Le neurophysiologiste Stephen Porges a développé le concept de "neuroception", qui décrit cette capacité du système nerveux à détecter automatiquement les signaux de sécurité ou de danger.

Lorsque nous avons le sentiment de devoir nous cacher, nous adapter ou surveiller en permanence notre image, notre système nerveux peut rester mobilisé dans un état d'alerte plus ou moins chronique.

Cette vigilance constante demande beaucoup d'énergie.


Elle peut se traduire par :


  • de l'anxiété ;

  • de la fatigue ;

  • de l'irritabilité ;

  • des difficultés de concentration ;

  • un sentiment de ne jamais pouvoir réellement se détendre.


À long terme, elle peut contribuer à fragiliser l'équilibre émotionnel.



Quand les comportements deviennent des stratégies de survie


Face à cet inconfort, chacun cherche naturellement des moyens de s'apaiser.

Parfois, ces stratégies sont conscientes.

Parfois non.

L'alimentation peut devenir un refuge. Le contrôle alimentaire peut donner une impression de maîtrise. Les compulsions peuvent apporter un soulagement temporaire. L'alcool, les écrans, le travail ou d'autres comportements peuvent venir remplir la même fonction.

Il ne s'agit pas de faiblesse.

Il s'agit souvent d'une tentative d'adaptation.

Le système cherche à retrouver un équilibre avec les moyens dont il dispose à un instant donné.

C'est notamment ce qui explique pourquoi les addictions et les Troubles des Conduites Alimentaires ne peuvent être réduits à une question de volonté.

Derrière les comportements se cachent souvent des besoins émotionnels, relationnels ou de sécurité qui méritent d'être entendus.



Le besoin d'appartenance : un besoin profondément humain


Les recherches en psychologie montrent que le sentiment d'appartenance constitue un besoin fondamental.

Se sentir accepté, reconnu et relié aux autres participe directement à notre équilibre psychique.

À l'inverse, le rejet, l'exclusion ou la peur d'être jugé peuvent avoir un impact significatif sur la santé mentale.

Pouvoir être soi-même sans avoir à se cacher n'est pas seulement une question de confort.

C'est aussi une question de sécurité intérieure.



Le rôle de la pair-aidance


Dans les parcours liés aux addictions, aux TCA ou à la santé mentale, la honte est souvent très présente.

Elle pousse à se taire. À minimiser. À attendre.

Parfois pendant des années.

La pair-aidance offre alors un espace particulier.

Un espace dans lequel il devient possible de parler sans avoir à expliquer chaque détail. Un espace dans lequel certaines expériences sont comprises de l'intérieur. Un espace où la personne peut être accueillie là où elle en est.

En tant que Patiente-Experte Addictions, c'est cette qualité de présence et d'écoute que je cherche à proposer dans mes accompagnements.



Et le Neurofeedback Dynamique dans tout cela ?


Lorsqu'une personne vit depuis longtemps dans l'adaptation, l'hypervigilance ou la peur du jugement, son système nerveux peut avoir du mal à retrouver de la souplesse.

Même lorsque les circonstances changent.

Le Neurofeedback Dynamique NeurOptimal® ne cherche pas à analyser l'histoire de la personne ni à modifier ses pensées.

Il soutient les capacités naturelles d'autorégulation du système nerveux en lui renvoyant des informations sur son propre fonctionnement en temps réel.

Chaque personne reste unique.

Les effets observés ne sont pas les mêmes pour tous et il ne s'agit pas d'un traitement médical.

Mais de nombreuses personnes décrivent progressivement davantage de calme intérieur, de recul, de stabilité émotionnelle ou de capacité d'adaptation.

Autant de ressources qui peuvent soutenir un parcours de mieux-être.



Apaiser la peur du rejet pour enfin être soi


Pouvoir être soi ne signifie pas tout montrer à tout le monde.

Mais pouvoir exister sans avoir à lutter constamment contre ce que l'on est constitue souvent une ressource précieuse pour notre équilibre.

Parfois, le premier pas n'est pas de changer.

Parfois, le premier pas consiste simplement à trouver un espace suffisamment sécurisant pour ne plus avoir à se cacher.



Derrière de nombreuses difficultés émotionnelles, addictions ou troubles alimentaires, il existe souvent une même question : "Suis-je en sécurité pour être moi-même ?"

Et si prendre soin de soi commençait aussi par là ? Alexandrine Boileau 🌻 Références :

  • Stephen Porges – Théorie polyvagale et concept de neuroception.

  • Roy Baumeister & Mark Leary (1995). The Need to Belong: Desire for Interpersonal Attachments as a Fundamental Human Motivation.

  • Brené Brown – Travaux sur la honte, l'appartenance et la vulnérabilité.

  • Gabor Maté – Travaux sur les liens entre traumatisme, adaptation et addictions.

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