La peur d’aller mieux : comprendre l’ambivalence
- Alexandrine Boileau

- il y a 1 jour
- 4 min de lecture

On parle souvent du désir d’aller mieux.
On parle de guérison, de rétablissement, d’équilibre retrouvé.
Mais on parle beaucoup plus rarement de cette réalité plus intime : la peur d’aller mieux.
Parce qu’aller mieux, ce n’est pas seulement sortir d’un symptôme. C’est aussi s’aventurer vers l’inconnu.
Et l’inconnu, même lorsqu’il est porteur d’espoir, peut profondément déstabiliser.
La peur de ce qui vient après
Quand une personne commence à prendre soin d’elle, à s’apaiser, à reprendre pied, une question silencieuse peut émerger :
Qui vais-je être si je vais mieux ?
Est-ce qu’on m’aimera encore ?
Est-ce que je vais réussir à tenir sans mes stratégies habituelles ?
Est-ce que je serai capable d’assumer cette nouvelle version de moi ?
Dans les Troubles des Conduites Alimentaires, dans les addictions, dans l’anxiété, cette ambivalence est fréquente.
Aller mieux peut signifier :
Perdre un rôle que l’on occupait depuis longtemps
Sortir d’une identité construite autour de la souffrance
Ne plus être “celle qui va mal”
Ne plus susciter la même attention
Devoir affronter des responsabilités mises en pause
Ce n’est pas que la personne ne veut pas aller mieux. C’est qu’une partie d’elle s’inquiète de ce que cela implique.
Et cette inquiétude mérite d’être entendue.
Les bénéfices secondaires : ce que le symptôme protège
On parle parfois de “bénéfices secondaires”.
Le terme peut sembler abrupt. Pourtant, il ne s’agit ni de manipulation ni de stratégie consciente.
Un symptôme peut, malgré la souffrance qu’il génère, remplir une fonction :
Maintenir un lien
Attirer une attention devenue rare
Exprimer une douleur que les mots ne portent plus
Eviter certaines attentes
Préserver une forme de contrôle
Protéger d’une peur plus profonde
Certaines personnes que j’accompagne me confient :
“Si je vais mieux, est-ce qu’on fera encore attention à moi ?”
“Si mes crises s’arrêtent, est-ce qu’on comprendra ce que j’ai vécu ?”
“Si je ne suis plus celle qui va mal, qui serai-je ?”
Ces questions ne sont pas calculées. Elles sont humaines.
Et elles révèlent une chose essentielle : le symptôme tente souvent de préserver quelque chose de vital.
Quitter l’inconfort connu : un bouleversement pour le système nerveux
Il arrive que l’on reste longtemps dans une situation douloureuse non pas parce qu’elle est supportable, mais parce qu’elle est connue.
L’inconfort connu a une forme de stabilité. On en connaît les contours. On sait comment il fonctionne. On a appris à s’y adapter.
Aller mieux, en revanche, suppose de quitter ce terrain familier. Même s’il est souffrant, il rassure par sa prévisibilité.
D’un point de vue neurobiologique, notre système nerveux privilégie le prévisible. Il recherche la sécurité, même dans un environnement imparfait. Le changement, même positif, peut être perçu comme une menace tant qu’il n’est pas intégré comme sûr.
C’est aussi pour cela que certaines personnes ressentent une tension ou une angoisse au moment même où elles commencent à aller mieux.
Moi aussi, durant mon rétablissement, j’ai connu ce moment où aller mieux semblait plus inquiétant que rester dans ce que je connaissais. Non parce que je voulais souffrir, mais parce que je ne savais pas encore qui j’allais devenir sans ce symptôme.
Le Neurofeedback Dynamique NeurOptimal® s’inscrit dans cette compréhension. Il ne force pas le changement.
Il soutient progressivement l’autorégulation du système nerveux, permettant au cerveau d’intégrer de nouvelles expériences comme étant sûres.
Lorsque le corps se sent en sécurité, l’inconnu devient moins menaçant.
Il devient exploratoire plutôt que dangereux.
L’ambivalence fait partie du chemin
Dans les accompagnements que je propose, je rencontre souvent cette ambivalence :
Une partie veut aller mieux. Une autre résiste.
Plutôt que de forcer, je choisis d’écouter les deux.
Parce que la partie qui résiste ne cherche pas à saboter. Elle cherche à protéger.
Mettre des mots sur cette peur, identifier ce que le symptôme permettait, comprendre ce qui inquiète dans le “mieux”, permet de desserrer doucement l’étau.
On ne guérit pas contre soi.
On avance avec toutes ses parts.
Et si aller mieux ne signifiait pas perdre ?
Peut-être que la question n’est pas seulement :
“Est-ce que je vais aller mieux ?”
Mais :
“Est-ce que je peux apprendre à aller mieux sans perdre ma place ?”
Aller mieux ne signifie pas devenir quelqu’un d’autre.
Cela peut signifier devenir plus soi.
Mon accompagnement pour traverser cette ambivalence
Dans mon cabinet à Nantes, ou en visio, j’accompagne des personnes qui traversent cette ambivalence : le désir d’aller mieux… et la peur que cela génère.
Mon approche s’appuie sur :
La pair-aidance, issue d’un vécu traversé et mis au travail
Une écoute centrée sur la personne
La compréhension des bénéfices secondaires
L’intégration du Neurofeedback Dynamique comme soutien à la régulation.
Il ne s’agit pas de forcer un changement.
Il s’agit de créer un espace suffisamment sécurisant pour que le “mieux” ne soit plus vécu comme une menace.
Parce qu’un jour après l’autre, à votre rythme, il est possible d’envisager l’inconnu autrement.
🌿 Plus d’informations : www.neuromoov.fr
📍 Séances de Neurofeedback Dynamique et d'accompagnement :
en présentiel : Nantes – quartier Sainte-Thérèse
💻 Accompagnement possible en visio 📆 Prendre rdv : www.neuromoov.fr/book-online





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