Être neuroatypique : au-delà des étiquettes
- Alexandrine Boileau

- il y a 13 heures
- 6 min de lecture
Et si comprendre son fonctionnement était plus important que rentrer dans une case ?
Être neuroatypique : au-delà des étiquettes

Depuis quelques années, le terme neuroatypique est partout.
Les réseaux sociaux, les podcasts, les livres et les témoignages ont largement contribué à le faire connaître. Beaucoup de personnes découvrent alors des descriptions dans lesquelles elles se reconnaissent : une pensée qui ne s'arrête jamais, une hypersensibilité, des difficultés à gérer le quotidien, un sentiment d'être « différent.e » depuis toujours.
Pour certains, cette découverte est un véritable soulagement. Elle met enfin des mots sur un vécu parfois ancien. Pour d'autres, elle soulève de nouvelles questions : suis-je réellement concernée ? Ai-je besoin d'un diagnostic ? Est-ce que cela expliquerait mes difficultés ?
La neuroatypie suscite autant d'intérêt qu'elle peut parfois créer de confusion. Entre les informations scientifiques, les témoignages personnels et les contenus simplifiés diffusés sur les réseaux sociaux, il devient difficile de faire la part des choses.
Alors, que signifie réellement être neuroatypique ? Et surtout, pourquoi cette question touche-t-elle aujourd'hui autant de personnes ?
Pourquoi parle-t-on autant de neuroatypie aujourd'hui ?
Si le sujet semble récent, les troubles du neurodéveloppement, eux, ne le sont pas.
Ce qui a profondément évolué ces dernières années, c'est notre compréhension de leur diversité. Les recherches scientifiques ont permis de mieux décrire la manière dont certaines personnes traitent les informations, régulent leurs émotions, mobilisent leur attention ou interagissent avec leur environnement.
Parallèlement, la parole s'est libérée. De nombreuses personnes ont partagé leur parcours diagnostique, leurs difficultés quotidiennes mais aussi leurs ressources. Cette visibilité a permis à d'autres de se reconnaître et d'oser consulter.
Pour autant, il est important de garder une certaine prudence.
Se reconnaître dans quelques caractéristiques ne signifie pas nécessairement être concerné par un trouble neurodéveloppemental. Beaucoup de difficultés — fatigue chronique, anxiété, burn-out, traumatisme, surcharge mentale ou dépression — peuvent entraîner des manifestations proches.
C'est pourquoi l'autodiagnostic ne peut remplacer une évaluation lorsqu'une personne ressent le besoin d'obtenir des réponses.
Que signifie réellement être neuroatypique ?
Le terme neuroatypique n'est pas un diagnostic médical.
Il s'agit d'un terme largement utilisé pour désigner des personnes dont le fonctionnement neurologique diffère de ce qui est considéré comme majoritaire, parfois appelé fonctionnement neurotypique.
Selon les contextes, ce terme peut englober différentes réalités, notamment :
le Trouble Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) ;
le Trouble du Spectre de l'Autisme (TSA) ;
certains troubles spécifiques des apprentissages (les troubles « Dys ») ;
d'autres troubles du neurodéveloppement.
Dans certains milieux, le haut potentiel intellectuel (HPI) est également inclus dans la notion de neuroatypie. Toutefois, cette association ne fait pas consensus dans la communauté scientifique et mérite d'être présentée avec prudence.
La neuroatypie n'est donc pas une catégorie unique.
Elle désigne une diversité de fonctionnements, chacun possédant ses particularités, ses défis mais aussi ses ressources.
Toutes les neuroatypies ne se ressemblent pas
Deux personnes ayant le même diagnostic peuvent avoir des profils très différents.
Certaines auront principalement des difficultés d'organisation. D'autres seront davantage concernées par la gestion sensorielle, la communication sociale, l'impulsivité ou la régulation émotionnelle.
À l'inverse, deux personnes présentant des difficultés similaires ne recevront pas forcément le même diagnostic.
C'est toute la complexité du fonctionnement humain.
Réduire une personne à une étiquette reviendrait à oublier son histoire, son environnement, ses expériences de vie, ses ressources, ses stratégies d'adaptation et sa personnalité.
Un diagnostic peut permettre de mieux comprendre certains mécanismes. Il ne définit jamais une personne dans sa globalité.
Pourquoi de nombreuses femmes sont diagnostiquées plus tard ?
C'est probablement l'une des évolutions majeures de ces dernières années.
Pendant longtemps, la majorité des recherches sur le TDAH ou l'autisme ont été réalisées chez des garçons. Les critères diagnostiques se sont donc largement construits à partir de profils masculins.
Or, beaucoup de femmes développent très tôt des stratégies d'adaptation importantes.
Certaines apprennent à observer les autres afin de reproduire les comportements attendus. D'autres compensent par un perfectionnisme important, une hypervigilance ou un investissement considérable dans leur travail.
Ces stratégies, parfois appelées camouflage (masking), peuvent rendre leurs difficultés beaucoup moins visibles.
En apparence, tout semble fonctionner.
En réalité, maintenir cet équilibre demande souvent une énergie considérable.
Certaines femmes ne découvrent ainsi leur fonctionnement qu'à l'occasion d'un burn-out, d'une maternité, d'un changement professionnel ou lorsque leur propre enfant reçoit un diagnostic.
Cette découverte est parfois vécue comme un immense soulagement.
Pour d'autres, elle s'accompagne aussi de nombreuses émotions : incompréhension, colère, tristesse ou regret de ne pas avoir compris plus tôt.
Vivre avec un fonctionnement neuroatypique au quotidien
Il n'existe pas un quotidien unique.
De nombreuses personnes décrivent certaines difficultés récurrentes.
La gestion de l'énergie peut devenir particulièrement complexe. Ce qui paraît simple pour d'autres demande parfois un effort important : organiser une journée, anticiper plusieurs tâches, gérer les imprévus, récupérer après une journée de travail ou supporter un environnement très stimulant.
Certaines parlent également d'une charge mentale permanente.
Le cerveau semble ne jamais vraiment s'arrêter.
À cela peuvent s'ajouter des troubles du sommeil, une fatigue chronique, une hypersensibilité sensorielle ou émotionnelle, des difficultés à prioriser, à poser des limites ou à récupérer après des périodes intenses.
Ces difficultés peuvent avoir des répercussions dans la vie familiale, professionnelle ou sociale.
Certaines personnes développent également, au fil des années, des stratégies pour tenter de retrouver un équilibre. Il peut s'agir de perfectionnisme, d'hyperactivité, de conduites addictives ou de troubles du comportement alimentaire. Ces comportements ne sont pas spécifiques à la neuroatypie, mais ils peuvent parfois constituer des tentatives d'adaptation face à une souffrance ou un épuisement.
Le diagnostic : une nécessité ou un choix personnel ?
Il n'existe pas de réponse universelle.
Pour certaines personnes, obtenir un diagnostic représente une étape essentielle.
Il permet de mieux comprendre son parcours, d'accéder à certains accompagnements ou aménagements, de diminuer la culpabilité et de mettre des mots sur un vécu parfois ancien.
Pour d'autres, la compréhension de leur fonctionnement leur suffit.
Toutes ne ressentent pas le besoin d'entreprendre une démarche diagnostique.
L'essentiel est sans doute de se demander ce que cette démarche pourrait apporter.
Cherche-t-on une reconnaissance ? Une meilleure connaissance de soi ? Des adaptations dans la vie quotidienne ? Un accès à des soins spécifiques ?
Chaque parcours est unique.
Se choisir avant de chercher à correspondre
Pendant longtemps, beaucoup de personnes ont essayé de fonctionner comme tout le monde.
Elles ont appris à masquer leurs difficultés, à dépasser leurs limites, à répondre aux attentes des autres avant d'écouter leurs propres besoins.
À force d'adaptation permanente, certaines finissent par s'épuiser.
Comprendre son fonctionnement ne consiste pas à se limiter à une étiquette.
C'est parfois découvrir qu'il est possible de respecter davantage son rythme, d'aménager son environnement, de mieux gérer son énergie et d'accepter que certaines stratégies fonctionnent mieux que d'autres.
Prendre soin de soi ne signifie pas renoncer.
Cela signifie parfois cesser de lutter contre son propre fonctionnement pour apprendre à mieux vivre avec lui.
Comment j'accompagne les personnes concernées
Dans mon cabinet, situé à Nantes, je ne réalise aucun diagnostic et je ne cherche pas à enfermer les personnes dans une catégorie.
J'accueille celles et ceux qui souhaitent mieux comprendre leur fonctionnement, qu'ils soient diagnostiqués, en questionnement ou simplement en recherche d'un meilleur équilibre.
Mon accompagnement repose sur une approche globale, centrée sur la personne.
En tant que Patiente-Experte Addictions, praticienne en Neurofeedback Dynamique NeurOptimal® et coach, je m'intéresse avant tout à ce que chacun vit au quotidien : la fatigue, les émotions, les stratégies développées au fil des années, les ressources déjà présentes et les besoins actuels.
Le Neurofeedback Dynamique NeurOptimal® n'a pas pour objectif de traiter la neuroatypie. Il ne modifie pas qui nous sommes et ne cherche pas à «normaliser» un fonctionnement.
Il offre au cerveau une information sur sa propre activité, en temps réel. À partir de ce retour, le cerveau peut ajuster son fonctionnement s'il l'estime pertinent. Cette approche vise à soutenir sa capacité naturelle d'autorégulation, sans imposer de modèle de fonctionnement.
Chaque personne reste unique.
Au-delà des étiquettes, c'est cette singularité que je m'attache à accueillir avec bienveillance, respect et sans jugement. Prendre rendez-vous en ligne : www.neuromoov.fr/book-online En savoir plus : www.neuromoov.fr Séance au cabinet : Nantes - Quartier Ste Thérèse Accompagnement possible en visio Prenez soin de vous Alexandrine Boileau 🌻
Sources
Haute Autorité de Santé (HAS) – Recommandations de bonnes pratiques sur le Trouble du Spectre de l'Autisme et le Trouble Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH).
INSERM – Dossiers d'information : Autisme et TDAH. Ces dossiers présentent l'état actuel des connaissances scientifiques sur les troubles du neurodéveloppement.
DSM-5-TR (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, 5e édition révisée, American Psychiatric Association, 2022), référence internationale pour les critères diagnostiques des troubles neurodéveloppementaux.
Bargiela S., Steward R., Mandy W. (2016). The Experiences of Late-diagnosed Women with Autism Spectrum Conditions. Journal of Autism and Developmental Disorders.
Lai M.-C., Baron-Cohen S., Buxbaum J.D. et al. (2015). Understanding autism in the light of sex/gender. Molecular Autism.
Brown T.E. (2013). A New Understanding of ADHD in Children and Adults: Executive Function Impairments. Routledge.





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