L'addiction : pourquoi et comment elle s’installe ?
- Alexandrine Boileau

- il y a 12 minutes
- 4 min de lecture

Les addictions ne concernent pas seulement les substances (alcool, tabac, cannabis...).
Elles peuvent aussi prendre la forme de comportements (jeux, alimentation, écrans, sexualité…), et se définissent moins par l’objet que par la perte de liberté qu’elles entraînent.
Usage ou addiction ? Poser un cadre avec les “5 C”
Il est important de ne pas tout confondre.
Se changer les idées, rechercher du plaisir ou un apaisement ponctuel ne signifie pas nécessairement être dans une addiction.
La frontière se situe davantage dans la souffrance, la perte de liberté et l’impact sur la vie quotidienne que dans le comportement lui-même.
Pour poser un cadre plus clair, le psychiatre addictologue Laurent Karila propose cinq critères, souvent appelés les “5 C”, pour caractériser une addiction :
Craving : une envie irrépressible, envahissante, difficile à mettre à distance
Contrôle : la perte de contrôle sur la consommation ou le comportement
Compulsion : la répétition malgré la volonté d’arrêter ou de réduire
Conséquences : des répercussions négatives sur la santé, la vie sociale, familiale ou professionnelle
Continuité : la poursuite du comportement malgré la conscience de ses effets délétères
Ces repères ne servent pas à poser une étiquette.
Ils permettent surtout de mieux comprendre quand un comportement devient source de souffrance et nécessite écoute et soutien.
Ce que l’addiction essaie de combler ou de réparer
On parle souvent de l’addiction comme d’un problème à éliminer, d’un comportement à faire disparaître, d’une dépendance à combattre.
Cette lecture, très répandue, peut renforcer la honte et l’isolement, et laisser peu de place à la compréhension de ce que la personne traverse réellement.
Avec le temps, mon vécu et mes accompagnements m’ont amenée à poser un autre regard.
Et si l’addiction n’était pas le point de départ du problème, mais une tentative de solution ?
Une tentative parfois coûteuse, parfois dangereuse, mais rarement absurde.
Une tentative pour faire face, avec les moyens disponibles à un moment donné.
De la faute à la fonction : changer de regard
L’addiction ne surgit jamais par hasard.
Elle s’installe souvent là où quelque chose déborde, manque ou fait trop mal.
Là où les émotions sont trop intenses, où le corps est en tension permanente, où l’insécurité intérieure est ancienne ou diffuse.
Plutôt que de rester enfermé dans la question : « Pourquoi je n’arrive pas à arrêter ? » il peut être plus soutenant d’ouvrir une autre porte :
« Qu’est-ce que cela m’apporte, ou m’évite, aujourd’hui ? »
Cette question ne banalise pas les conséquences.
Elle permet surtout de sortir de la culpabilité pour entrer dans le sens.
L’addiction comme tentative de réparation
Dans de nombreux parcours, l’addiction ne cherche pas à détruire, mais à réparer quelque chose, ou du moins à soulager ce qui est devenu trop lourd à porter.
Elle peut tenter de :
Apaiser une douleur émotionnelle trop intense,
Combler un vide intérieur difficile à nommer,
Faire taire un mental envahissant,
Retrouver une forme de contrôle quand tout semble instable,
Réguler un système nerveux en surcharge,
Permettre de tenir, parfois simplement survivre.
Il ne s’agit pas d’un choix, il s’agit le plus souvent d’une stratégie d’adaptation, mise en place avec les ressources disponibles à un moment donné.
À cet instant-là, cette stratégie a eu un sens.
Ce que l’addiction essaie parfois de combler
Chaque histoire est singulière.
Pour autant, certaines tentatives reviennent fréquemment dans les récits des personnes concernées.
L’addiction peut chercher à combler un vide affectif ou relationnel, à apaiser une insécurité intérieure ancienne, ou à permettre de ressentir moins — ou au contraire de ressentir enfin quelque chose.
Elle peut offrir une illusion d’apaisement face à une tension interne permanente, ou servir de refuge temporaire face à l’épuisement émotionnel.
Dans ce sens, l’addiction n’est pas l’ennemie.
Elle est un signal, parfois maladroit, parfois dangereux, mais révélateur d’un besoin qui n’a pas trouvé d’autre voie d’expression.
Quand la tentative de solution devient un problème
Avec le temps, ce qui a permis de tenir peut commencer à fragiliser.
Les effets recherchés diminuent, les conséquences augmentent, et l’espace de liberté se réduit.
La personne se retrouve souvent coincée entre ce qui l’abîme et ce dont elle ne sait plus se passer.
C’est dans cet entre-deux que la honte, la culpabilité et l’isolement prennent parfois toute la place.
Comprendre la fonction de l’addiction ne revient pas à la banaliser.
Cela permet de ne pas ajouter de la violence intérieure à une souffrance déjà présente.
Lors de mon accompagnement : accueillir avant de vouloir enlever
Dans mon accompagnement, en tant que patiente-experte, je ne cherche pas à supprimer l’addiction à tout prix.
Je cherche d’abord à comprendre ce qu’elle tente de faire pour la personne : protéger, apaiser, anesthésier, réparer...
Accueillir avant de vouloir enlever.
Mettre du sens avant de vouloir changer.
Lorsque la personne se sent reconnue dans son vécu, sans être réduite à son comportement, quelque chose peut déjà se relâcher. C’est souvent à partir de là que d’autres possibles peuvent émerger.
La place du Neurofeedback Dynamique NeurOptimal®
Si l’addiction tente de réguler un système nerveux débordé, alors soutenir la capacité naturelle du cerveau à s’autoréguler prend tout son sens.
Le Neurofeedback Dynamique NeurOptimal® n’a pas pour objectif de faire arrêter une consommation ou un comportement. Il ne corrige pas, ne force pas, ne promet pas.
Il offre au cerveau un espace pour retrouver plus de souplesse, de stabilité et de sécurité intérieure. Lorsque le système nerveux s’apaise, certaines stratégies deviennent moins nécessaires, et d’autres réponses peuvent progressivement apparaître.
🌱 En pratique – NeuroMoov
Le chemin de rétablissement ne commence pas toujours par l’arrêt.
Il commence souvent par un changement de regard, par la compréhension de ce que l’addiction essaie de combler ou de réparer.
Chez NeuroMoov, j’accompagne les enfants, adolescents, adultes autour des addictions, des troubles du comportement alimentaire, du stress, de l’épuisement émotionnel et des périodes de transition de vie.
Mon approche est centrée sur la personne, respectueuse du rythme et de l’histoire de chacun, et s’inscrit en complément des suivis médicaux et thérapeutiques lorsqu’ils existent.
J’articule la pair-aidance, l’accompagnement individuel et le Neurofeedback Dynamique NeurOptimal®, sans promesse ni injonction, pour soutenir des chemins de compréhension et de régulation, pas à pas.
Les séances ont lieu :
En présentiel pour le Neurofeedback Dynamique,
En visio pour l'accompagnement
📍Nantes - Quartier Ste Thérèse
Parce que parfois, comprendre est déjà un premier pas. Prenez soin de vous, Alexandrine Boileau 🌻





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