Neurofeedback Dynamique NeurOptimal® : Le cerveau peut-il apprendre à mieux s'autoréguler ?
- Alexandrine Boileau

- il y a 5 jours
- 6 min de lecture

Neuroplasticité, information et Neurofeedback Dynamique NeurOptimal® : comprendre ce qu'il se passe pendant une séance
Notre cerveau s'adapte en permanence.
À ce que nous voyons, à ce que nous entendons, à nos émotions, aux cerveau, neurones, neurofeedback, nantes, neuroplasticité alexandrine boileauchangements de notre environnement, aux imprévus, aux apprentissages et aux expériences que nous traversons.
Cette formidable capacité d'adaptation nous accompagne tout au long de notre vie.
Mais lorsque nous sommes sollicités depuis longtemps, nous pouvons parfois avoir le sentiment que cette souplesse est moins accessible.
Les pensées tournent davantage. Le sommeil peut devenir moins réparateur. Les émotions prennent plus de place. Le moindre imprévu demande beaucoup d'énergie. Certaines personnes me décrivent cette impression très parlante de « ne plus réussir à redescendre », même lorsque la situation qui les a mises sous tension est terminée.
C'est souvent dans ce contexte qu'elles viennent découvrir le Neurofeedback Dynamique NeurOptimal®.
Et derrière cette technologie se trouve finalement une question passionnante :
que se passe-t-il lorsque l'on permet au cerveau de recevoir, en temps réel, une information sur sa propre activité ?
Un cerveau qui apprend et s'adapte tout au long de la vie
Pendant longtemps, nous avons imaginé le cerveau adulte comme une structure relativement figée.
Nous savons aujourd'hui que ce n'est pas le cas.
Le cerveau possède une capacité de neuroplasticité : son fonctionnement et ses connexions évoluent avec les apprentissages, les expériences et l'environnement.
Cette plasticité participe à notre capacité d'adaptation.
Nous apprenons constamment.
Un nouvel itinéraire. Une nouvelle compétence. Une façon différente de répondre à une situation. Un geste que nous répétons jusqu'à ce qu'il devienne automatique.
Notre cerveau utilise continuellement les informations dont il dispose pour ajuster son fonctionnement.
Et c'est précisément cette notion d'information qui permet de comprendre le principe du neurofeedback.
Le feedback : une information qui permet l'ajustement
Le feedback fait déjà partie de notre quotidien.
Lorsque nous conduisons, nous ajustons constamment notre trajectoire grâce aux informations visuelles que nous recevons.
Lorsque nous apprenons à jouer d'un instrument, nous entendons immédiatement si la note produite correspond à celle que nous souhaitions.
Lorsque nous nous regardons dans un miroir, notre reflet nous apporte une information que nous pouvons utiliser pour modifier spontanément notre posture.
Le feedback ne fait pas l'ajustement à notre place.
Il rend une information disponible.
C'est cette idée qui se trouve au cœur du Neurofeedback Dynamique.
NeurOptimal® : rendre perceptible une information habituellement inaccessible
Pendant une séance de Neurofeedback Dynamique NeurOptimal®, cinq capteurs sont positionnés sur le cuir chevelu et les oreilles.
Ils recueillent l'activité électrique cérébrale présente à la surface du cuir chevelu.
Pendant ce temps, la personne écoute de la musique ou regarde un film.
Le logiciel analyse en continu les variations de l'activité recueillie grâce à son algorithme.
Lorsque certaines variations sont détectées, le flux sonore connaît une très brève interruption.
Quelques millisecondes.
Parfois, la personne la remarque.
Souvent, elle ne la perçoit même pas consciemment.
Et pourtant, cette interruption intervient précisément au moment où une modification de l'activité a été détectée.
C'est le feedback.
Le cerveau dispose alors d'une information supplémentaire sur sa propre activité, au moment où celle-ci se produit.
NeurOptimal® décrit ce fonctionnement comme une boucle dynamique d'information en temps réel.
Pourquoi parle-t-on de Neurofeedback « Dynamique » ?
Le mot dynamique est important.
Notre cerveau n'est jamais exactement dans le même état d'une seconde à l'autre.
Il évolue continuellement en fonction de ce que nous ressentons, pensons, percevons ou vivons.
NeurOptimal® travaille précisément avec cette variabilité.
Son logiciel analyse l'activité en continu et adapte le feedback à ce qui se produit dans l'instant, plutôt qu'à un état fixe déterminé à l'avance.
Le système suit donc les changements de l'activité cérébrale au fur et à mesure qu'ils apparaissent.
C'est ce caractère continuellement adaptatif qui constitue l'une des particularités de la technologie NeurOptimal®.
Le cerveau comme système dynamique
Cette notion est particulièrement intéressante.
NeurOptimal® a été développé par les psychologues cliniciens Valdeane et Susan Brown à partir d'une conception du cerveau comme système dynamique complexe.
Un système dynamique complexe évolue continuellement en fonction des informations qu'il reçoit et des interactions entre ses différentes composantes.
Nous pouvons en observer autour de nous dans de nombreux domaines : les écosystèmes, la météo, les interactions humaines…
Le cerveau possède lui aussi une organisation extraordinairement complexe.
Des milliards de neurones interagissent en permanence, et son activité n'est jamais parfaitement identique d'un instant à l'autre.
Dans cette perspective, l'objectif n'est pas seulement de regarder une valeur isolée, mais d'être attentif aux variations et aux transitions du système dans le temps.
C'est sur cette conception que repose l'approche développée par NeurOptimal®.
L'image du miroir : celle que j'utilise en séance
Pour expliquer tout cela sans transformer ma séance en cours de neurosciences, j'utilise souvent une image beaucoup plus simple.
Le miroir.
Imaginez que vous passiez devant un miroir.
Vous apercevez votre reflet et réalisez que votre posture est légèrement différente de ce que vous imaginiez.
Instantanément, vous pouvez vous redresser.
Le miroir n'a rien fait à votre place.
Il vous a simplement permis de percevoir une information à laquelle vous n'aviez pas accès de la même manière quelques secondes auparavant.
Avec le Neurofeedback Dynamique, j'aime envisager le feedback de cette façon :
comme un miroir extrêmement rapide proposé au cerveau.
Une information.
Au bon moment.
Puis le système poursuit son propre fonctionnement.
Que dit le Dr Bessel van der Kolk dans son livre "Le corps n'oublie rien" ?
Le psychiatre Bessel van der Kolk a largement contribué à faire connaître le neurofeedback auprès du grand public grâce à son ouvrage Le Corps n'oublie rien.
Spécialiste du psychotraumatisme, il s'est intéressé à la manière dont les expériences traumatiques peuvent continuer à influencer les réactions corporelles, émotionnelles et cérébrales longtemps après l'événement.
Dans son livre, il consacre un chapitre entier au neurofeedback.
Son équipe a également publié en 2016 une étude randomisée sur l'utilisation d'un protocole de neurofeedback EEG auprès d'adultes présentant un état de stress post-traumatique chronique.
Les résultats obtenus ont encouragé la poursuite des recherches sur le neurofeedback comme ressource potentielle dans ce domaine.
Ces travaux sont intéressants parce qu'ils participent à une réflexion beaucoup plus large :
Notre cerveau peut-il utiliser une information sur sa propre activité pour développer de nouveaux ajustements ?
Les recherches sur le neurofeedback continuent aujourd'hui d'explorer cette question dans différents contextes.
Les protocoles étudiés par Bessel van der Kolk permettent néanmoins de comprendre l'intérêt croissant porté au principe du feedback cérébral.
Pendant la séance de Neurofeedback Dynamique
C'est probablement l'un des aspects du Neurofeedback Dynamique que j'apprécie le plus : pendant une séance, il n'y a pas d'exercice à réussir.
Vous pouvez fermer les yeux, lire, dessiner, regarder un film, écouter la musique, parfois même vous assoupir.
Vous n'avez pas besoin de vous concentrer sur le feedback pour que celui-ci soit présenté.
Pour des personnes qui passent parfois leurs journées à contrôler, anticiper, réfléchir, analyser, organiser ou essayer de « bien faire », cette absence de performance demandée peut déjà rendre l'expérience très particulière.
Pendant ce temps, NeurOptimal® poursuit simplement sa boucle :
il observe → détecte une variation → fourni une information → continue.
Et après la séance ?
C'est là que je reviens à quelque chose qui m'est essentiel : l'expérience de la personne.
Je ne cherche pas nécessairement un changement spectaculaire.
Je m'intéresse plutôt à ce qui se passe dans la vie réelle.
Comment avez-vous vécu votre semaine ?
Comment avez-vous réagi à cette situation qui vous aurait habituellement beaucoup mobilisé ?
Comment dormez-vous ?
Comment vous sentez-vous lorsque quelque chose ne se déroule pas comme prévu ?
Avez-vous remarqué davantage de recul ? Une réaction différente ? Une récupération plus facile ?
Ou peut-être rien de particulier cette fois-ci ?
Certaines personnes que j'accompagne me parlent progressivement de davantage de calme, de recul, de disponibilité mentale ou d'un sommeil différent.
D'autres remarquent des évolutions beaucoup plus subtiles.
Ces observations restent personnelles et subjectives. Elles ne permettent pas de prédire ce qu'une autre personne vivra.
Et c'est justement pour cela que je trouve important de partir de l'expérience de chacun.
Alors, le cerveau peut-il apprendre à mieux s'autoréguler ?
Notre cerveau possède une formidable capacité à apprendre, à évoluer et à s'adapter grâce à sa plasticité.
Le neurofeedback s'inscrit dans cette rencontre entre activité cérébrale, information et apprentissage.
Avec NeurOptimal®, cette information est proposée de manière dynamique, en temps réel, à travers de très brèves interruptions sonores liées aux variations détectées dans l'activité cérébrale.
Et peut-être est-ce finalement ce que je trouve le plus intéressant dans cette approche :
faire confiance à la capacité d'adaptation du cerveau plutôt que chercher en permanence à lui dire quoi faire.
Chez NeuroMoov, cette philosophie rejoint profondément celle de mon accompagnement.
Accueillir, observer, donner de l'espace, mobiliser les ressources déjà présentes, et respecter le rythme de chacun.
Parce que prendre soin de soi ne signifie pas nécessairement devenir quelqu'un d'autre.
Cela peut aussi commencer par apprendre à mieux écouter son propre fonctionnement. Prenez soin de vous, Alexandrine Boileau Prendre rdv en ligne : www.neuromoov.fr/book-online En savoir plus : www.neuromoov.fr Séance en présentiel à Nantes, accompagnement possible en visio.





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